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Alrawabi School for Girls

Entre encensements et reproches, la série Al rawabi School for girls, ne cesse d’alimenter les débats. Avec pour thématique première le harcèlement des filles en milieux scolaire, la série a su porter un regard inquisiteur sur des faits socioculturels. Ceci lui a valu d’être jugée fictive et incongrue par certains, pertinente et convaincante pour d’autres. Qu’en est-il réellement ?

Avec pour thématique première le harcèlement des filles en milieux scolaire, la série a su porter un regard inquisiteur sur des faits socioculturels

Bande annonce de alrawabi school for girls en Francais

Une série pas comme les autres

Il convient de revenir sur quelques détails et intrigue de la série.

La série en général

Réalisée par Tima Shomali et Shirin Kamal, Alrawabi School for Girls est une minisérie télévisée dramatique sortie le 12 août 2021. L’histoire se déroule à Amman en Jordanie, au quartier Al Rawabi. La série de six épisodes relate les persécutions des jeunes femmes jordaniennes. Elle traite entre autres les questions d’intimidation, de harcèlement, de la stigmatisation des traitements psychologiques, la désintégration familiale, les crimes d’honneur l’exploitation des mineurs et l’utilisation abusive des plateformes de médias sociaux.

 

L’intrigue de la minisérie

Victimes de harcèlement dans leur lycée, un groupe de lycéennes décident de s’en prendre à leurs persécutrices. Cependant, leur soif de vengeance les conduira sur un chemin autre que celui choisit au départ.

Mariam, Layan, Rania et les autres font voyager entre le harcèlement sexuel, les problèmes de santé mentale, le tout accentué par un patriarcat prononcé. Le cadre familial vient accentuer cette persécution en révélant les stéréotypes et les conflits culturels.

Avis mitigés et critiques percutantes

La série a suscité chez les spectateurs de différents avis.

Une série à polémique

Les projecteurs qui ont été mis sur les problèmes que rencontrent les femmes jordaniennes ont soulevé de vives critiques. En effet, Depuis sa diffusion sur « Netflix », la série a suscité une large polémique en Jordanie et dans le monde arabe. Homme politique, homme de média, mais surtout spectateurs s’affrontent avec des arguments aussi violents que réaliste.

Une série fictive et déplacée

Certains pensent que la série ne reflète en rien la vie en Jordanie. Le contenu serait inadapté aux mœurs de la Jordanie. En témoigne la position d’Hussein Al-Khatib du syndicat des artistes jordaniens qui exprime son rejet de la série. Certaines scènes sont qualifiées d’audacieuses, d’être aux antipodes des us et coutumes de la société jordanienne. Ils en veulent pour preuve, les tenues vestimentaires et le langage utilisé par les acteurs.

Pour ce qui est de certaines autorités jordaniennes, elles estiment que la série traite des sujets de société qui sont tabous à leurs yeux. Les films de ce genre « offensent nos traditions et principes jordaniens, propagent la décadence morale et éducative, déforment l’image de la fille jordanienne et offensent les écoliers à travers le Royaume » dixit le député jordanien Saleh Al-Armouti.
Les critiques les plus véhémentes qualifient la série d’échecs avec un souhait ardent de voir le producteur disparaître avant le tournage de la saison 2.

Des faits intouchables pointés du doigt

 

À l’opposé, d’autres plus modérés, reconnaissent la pertinence des faits évoqués dans la série. Ces faits correspondent bien aux réalités jordaniennes. Pour eux, ne pas apprécier le langage utilisé ou de s’attarder sur des détails ne devrait pas être une excuse pour perdre de vue le message transmis par cette fiction.
En effet, le dramatique s’allie ici à la fiction dans un mélange comique au grand bonheur des marginalisées. Ainsi, sont mis à nu, de manière convaincante et pertinente, les problèmes de harcèlement, d’agressions sexuelles chez les adolescentes jordaniennes en particulier et chez les femmes en général.

De façon globale, les réactions sont majoritairement positives. La série fut acceptée par un vaste public avec 32 traductions pour 190 pays. Il a également reçu des éloges majeurs pour son écriture, sa cinématographie et sa valeur de production globale. Pour de nombreux Arabes, ce sont les éléments sociaux et culturels subtils de la série qui l’ont le plus fait résonner.

Il ressort de cette polémique que l’équipe de réalisation a vraiment touché une question sensible, en accord avec son combat pour les femmes, dans un pays très conservateu

Décryptage de quelques thématiques poignantes

La série articule son intrigue autour du harcèlement et des agressions sexuelles dans une atmosphère scolaire pour adolescentes. À travers le personnage de Mariam et de ses deux consœurs, bon nombre de spectateurs revivent leurs expériences passées. C’est la preuve que le sujet mérite d’être mis sur la table. En effet, ce thème, au regard de l’impact démontré sur le développement psychologique ne devrait souffrir d’aucunes restrictions quelques soi le pays la culture, la religion.

En termes de patriarcat et agressions sexuelles, l’attitude de Hazem, le frère de Layan met en évidence le système discriminatoire de tutelle masculine qui sert à contrôler la vie des femmes, à restreindre leurs libertés personnelles. Des tests forcés de virginité en passant par la séparation des enfants hors mariage de leurs mères… ce système règne en maître en Jordanie. À cela s’ajoute une incrimination de la femme au regard des exactions qu’elle subisse. L’enseignante qui légitime les agressions sexuelles avec l’argumentaire des vêtements « indécents », même à la piscine.

La série aborde également les sujets de crime d’honneur et liberté des femmes. Respectivement, réprimandée par sa mère pour avoir ôté son voile pour un Selfie, battue par son père pour être restée dehors, Roqayya et Raina nous conduisent dans les méandres de l’honneur familial jordanien. Ces deux scènes, viennent renforcer le message véhicule tout au long de cette série : les femmes méritent un meilleur traitement.

La série a suscité chez les spectateurs de différents avis.

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